Mon métier, une passion

Coucou les Mams,

Après quelques jours d’absence, je vous retrouve avec un article sur ma vie de Mams, sur ma vie professionnelle : mon métier d’infirmière!

C’est un métier passion. Un avenir décidé au collège, à la base pour devenir puéricultrice, je rêvais de travailler auprès des enfants! Puis l’adolescence faisant, le manque de confiance en moi, les profs qui me disaient que je pouvais viser bien plus haut, m’ont amener à me perdre sur les bancs de la faculté de médecine. Un an de perdu, j’ai tout de même refait la première année de fac, tout en préparant mes concours, pour avoir de bonnes bases en anatomie et physiologie, qui m’ont a minima servies durant mes études.

Me voilà partie en 2008 pour trois ans et demi d’études! Première désillusion, ancien référentiel de formation, très exactement trente neuf mois de formation alternant théorie en école et stages pratiques un mois sur deux… Reconnu seulement BAC +2

Dans la théorie, une infirmière, diplômée d’Etat, (ou IDE, ça m’évitera une entorse des phalanges… ) est une personne soignante exécutant les ordres prescrits par le médecin tout en respectant des règles d’asepsie (comprenez hygiène).

Dans la pratique, une IDE est un peu le mémo d’un médecin, la relecture qui doit alerter sur des couacs concernant les traitements mis en place ou leur absence, la confidente du patient…

Pourquoi avoir choisi ce métier alors?! Très bonne question, peut-être parce que j’aime les gens, je ne vois que rarement le mal en l’être humain, je me fais souvent avoir! J’aime aider mon prochain, tout comme j’aimerais que l’on m’aide dans le besoin. J’aime apprendre et déteste la monotonie, chaque jours est différents, chaque patients également et une même pathologie peut être différente en fonction du patient. Finalement, je ne saurais vous dire plus, j’aime mon métier, il me parait naturel et je ne me vois pas faire autre chose avec cette envie!

C’est un peu plusieurs diplôme en un seul finalement :

Infirmier tout d’abord, c’est sur : effectuer des soins tels que pansements, prise de sang, pose de sonde urinaire…

Secrétaire : Tout noter dans les dossiers patients, ne rien oublier, même pas le fait d’avoir dit bonjour en entrant dans une chambre…

Assistant pharmacien : connaître les médicaments, leurs effets, leurs contre-indications…

Annuaire : connaitre les numéros de téléphone ou de bip de tous les intervenants : cadre, médecin, chirurgien, kiné…

Brancardier : Quand nos collègues payés pour cela sont trop occupés, c’est nous qui faisons le chemin jusqu’en consultation…

Tout cela vous semble logique, on est d’accord… Maintenant d’autres aspects que peut-être vous ne voyez pas :

Plombier : et oui, avec toutes ces tubulures (tuyau pour les perfusions) emmêlées, les robinets à poser… et puis déboucher les toilettes parfois…

Informaticien : « Excusez-moi, la wifi ne fonctionne pas, vous pourriez regarder mon ordinateur« …

Serveurs : « Il faudrait débarrasser le plateau repas de Maman… »

Bagagiste : « Il faudrait m’aider pour faire mes bagages, là, les ambulances arrivent dans cinq minutes« …

Livreur : « Je ne peux pas marcher jusqu’au kiosque, vous pourriez aller me chercher la Dépêche? »

Standardiste : « Maman ne me répond pas, je pense qu’elle a mal raccroché son téléphone… »

Bureau des plaintes : « Dr X est ou? Cela fait trois jours que je ne l’ai pas vu, j’ai pleins de choses à lui dire, je peux vous dire que ça va barder pour lui, je n’en resterais pas là!             -Ha ben, tiens, le voilà, vous allez pouvoir vous exprimer!!                                                               -Ah Docteur, bon alors… Ah vous étiez en congrès, ah, je sors demain… Merci pour tout docteur, vraiment! »

Et j’en passe… Toutes ces demandes évidemment sans aucune marque de politesse car nous « sommes payées pour ça » (euh… 1400€/mois), mais nos réponses doivent être assorties d’un agréable sourire! Pourtant mon fils de 22 mois sait déjà dire Merci et commence à dire S’il te plait. Raccrocher son téléphone le temps d’un soin est tellement plus agréable pour tout le monde!

Nous devons soigner avec respect en acceptant de ne être pas respectés, nous devons comprendre et accepter de ne pas être compris…

Je prends l’exemple de la caissière au supermarché qui fait un peu la gueule un samedi soir : « elle doit être fatiguée après une journée aussi chargée« . Une infirmière après un week-end de garde avec trente cinq patients qui a le visage un peu fermé par la fatigue : « votre collègue est aigrie, elle devrait changer de métier… »

Je n’ai pas la sensation de faire un métier si difficile, tellement il m’est naturel! Mais la réalité peut décourager, et malheureusement provoquer des mal-être tels que le suicide reste la seule issue comme en témoignent les cinq suicides infirmiers de cet été…. Sans aller jusque là, l’espérance de vie d’une infirmière en carrière hospitalière est de cinq… S’en suivent soit des années en fonction libérale soit des réorientations…

Métier passion que l’argent détruit…

Les conditions se dégradent, notre charge de travail est estimé en fonction du nombre de patients et non pas de leur niveau de dépendance… Pour continuer avec mon exemple qui parle à tout le monde : nous demandons à une caissière d’encaisser aussi rapidement cinq caddies avec cinq articles chacun et cinq caddies avec vingt articles chacun!

Une collègue est malade, on essaie de remplacer… On sait bien qu’on aura personne d’autre et nous nous plierons en quatre pour faire le travail car c’est la santé des gens entre nos mains, pas des cartons de briques de lait!

Nous avons certaines limites dans nos compétences, pour exemple, le premier sondage urinaire d’un homme doit être effectué par un médecin… Mais quelle IDE n’a pas du prendre la responsabilité de le faire lorsque le patient souffre de son globe vésical et que le médecin est au bloc opératoire… C’est notre diplôme en jeu, qu’on le fasse ou pas…

Nous devons appliquer les prescriptions médicales mais si nous le faisons et qu’il y a une erreur, cela retombera sur nous, car nous aurions dû alerter le médecin de son erreur…

Heureusement, il y a des médecins et des patients tops, qui savent nous rappeler pourquoi on fait ce métier! Des collègues qui nous supportent et que l’on supporte, qui deviennent importants et indispensables!

Je voudrais simplement rendre hommage à tous et toutes mes collègues infirmier(e)s et aide-soignant(e)s qui vivent à nos côtés. Ne pas oublier notre passion, continuer à nous battre pour notre beau métier…

Je ne dénigre aucun métier, attention, j’ai pris en exemple une caissière juste pour que l’image parle à tout le monde, je ne dis pas qu’elles n’ont aucune pression!

 

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